Simul'ONU, se confronter à l'autre

Contexte du projet : Initier les collégiens à la citoyenneté mondiale. Pour cela, l’École des Droits de l'Homme de Toulouse propose le projet « Simul 'Onu », un exercice de simulation d'une session de l'Assemblée générale des Nations Unies .
« SIMUL'ONU est une authentique simulation de l’Assemblée Générale des Nations Unies et de ses Comités, qui a pour but de transporter les élèves dans le monde de la diplomatie et de la négociation. Les élèves préparent des discours, participent à des débats, planifient des stratégies pour lesquelles ils engagent des négociations avec alliés et adversaires, en vue de chercher à résoudre des conflits, tout en adhérant au code de procédure parlementaire en vigueur à l’ONU » Source EDDH http://www.ecoledesdroitsdelhomme.org/?page_id=89

Modalités :

  • Thématique de travail :

Comment rendre effectif le droit à l'éducation dans le monde ?
Mise en situation des élèves dans le rôle d'un ambassadeur d'un pays . Chaque délégation se constitue de 2 ou 3 élèves .
Les pays représentés par la classe sont : Argentine, Chine, Égypte, Haïti, Pakistan, Roumanie, Canada, Islande .

  • Élèves concernés/ professeurs et partenaires impliqués :

Une classe de 3e (28 élèves) encadrée le professeur de français et le professeur-documentaliste.
Intervenants extérieurs : Rachel Ealet, juriste et chargée des projets jeunesse à l'eddh.

  • Calendrier du déroulement de l'action et modalités

4 interventions de 2 heures, de janvier à avril, dans lesquelles la juriste intervient avec la classe.

6 heures entre les interventions consacrées à la recherche documentaire, le travail sur l'argumentation et la rédaction des discours .

Session finale le 12 avril 2018 à l'espace des diversités et de la laïcité 

(cf Journal des Nations Unies reçu par les délégations).

  • Évaluation formative :

Le travail de recherches documentaires (réalisation de la fiche état), préparation de l'argumentaire pour son discours, la rédaction du discours, l'oral et la maîtrise des compétences nécessaires à la simulation finale.

 

Ce qui dans ce projet favorise l'esprit critique des élèves :

 

  • La Curiosité :

Les élèves par groupe sont mis dans le rôle d'ambassadeurs d'un pays → nécessité de se documenter sur ce pays. Recherches documentaires effectuées afin de connaître son pays : histoire, culture, relation politiques et économiques et sa situation sur la scène internationale.

Se documenter également la question du droit à l'éducation : l'intérêt du droit à l'éducation mais aussi les obstacles de l'application de ce droit. ( rôle de la CIDE)

Bibliographie mise à disposition des élèves avec un ensemble de fictions concernant le thème des droits de l'Homme et particulièrement les conditions des enfants dans le monde (Une séance de présentation des fictions a été faite aux élèves afin qu'ils engagent les lectures.)

 

  • L'autonomie  et la lucidité :

Brainstorming par petits groupes sur plusieurs thèmes : « définir ce qu'est un enfant ? , Qu'est-ce qu'éduquer ? Que permet l'éducation dans sa vie ? → A partir de ce brainstorming les élèves se questionnent sur ce qu'ils savent, ce qu'ils supposent, et ce qu'ils ignorent (confrontation des points de vue)

Analyse des données collectées en vue de l'écriture de son discours (une trame de discours est proposée aux élèves). En amont, travail sur la forme du discours en cours de français. Étude du discours de Martin Luther King et celui de Malala.

Argumenter son discours

 

  • L'écoute et la modestie :

Chaque délégation doit prendre la parole pour présenter son État aux autres délégations

Proposer des solutions et négocier ensemble → projet de résolutions lorsque les pays se sont mis d'accord.

Dans cet exercice, l'élève s'aperçoit que parfois les solutions proposées se heurtent à la complexité du réel.

Par exemple, pour permettre aux enfants de certains pays de se rendre en toute sécurité dans leur école parfois très éloignée de leur domicile et nécessitant plusieurs km de marche, un groupe propose le déploiements des casques bleus sur les chemins de l'école afin de protéger les enfants. Une solution peu envisageable en terme de moyens humains pointée du doigt par un autre groupe.

 

Bilan de l'expérience :

Durant ce projet et notamment lors de la simulation finale, nous avons observé une grande motivation de leur part et beaucoup d'investissement durant 4 mois pour mener à bien leurs discours devant une assemblée.
Il faut cependant tenir compte que ce type de projet demande un suivi régulier pour ne pas démobiliser les élèves car à mon sens, les quatre interventions des partenaires extérieurs sont un support d'aide au projet mais il est nécessaire d'approfondir les notions vues avec la juriste afin d'apporter aux élèves des connaissances qui seront indispensables pour nourrir leur discours et faire preuve d'un niveau de réflexion et d'analyse suffisant pour répondre aux exigences de ce dernier.

 

Ericka Bouciquot, professeure documentaliste au Collège Romain Rolland à Saint-Jean (31)

 

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