"A silent voice", film d'animation japonais de Naoko Yamada, 2018, 2h09

Nishimiya est une élève douce et attentionnée, cependant elle est sourde. Elle intègre une école primaire où elle est, dans un premier temps, bien accueillie par ses camarades, mais elle finit par être harcelée par Ishida. Dénoncé pour son comportement, le garçon est à son tour mis à l'écart et rejeté par ses camarades. Arrivé au lycée, il a appris la langue des signes et part à la recherche de la jeune fille, mais peut-on le pardonner ?

Ce film d'animation japonais aborde de nombreux sujets très sensibles : le harcèlement dans le milieu scolaire, l'intégration du handicap, l'isolement, le suicide... L'intérêt est qu'il ne se focalise pas uniquement sur la victime, il nous met aussi à la place du harceleur, mais pas un harceleur convenu, pas une caricature de méchant sans consistance. Ce film nous montre les dégâts du harcèlement tant sur la victime que sur le harceleur et leur entourage respectif. Tout en restant simple graphiquement, il aborde ces thèmes avec délicatesse et élégance, l'élément de l'eau omniprésent faisant s'écouler naturellement le récit tout en nous emportant avec lui.

Issu d'un récit paru en manga ( 7 tomes disponibles aux éditions Ki-Oon), on peut lui reprocher certains raccourcis nécessaires dans un format de deux heures, ainsi qu'une certaine lenteur cependant voulue et qui pose l'histoire. Certaines postures sociales très japonaises peuvent aussi surprendre le spectateur français : le rapport au pardon et la notion du « On », perdre la face, qui expliquent ces attitudes. Pour autant, cela ne nuit en rien à la puissance du message porté et à la réflexion qu'il peut susciter auprès de nos élèves. 

article du Monde du 22/08/2018 : « Silent Voice » : la malédiction commune du jeune despote et de sa victime

 

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