Formation des professeurs contractuels - Stage de novembre 2016

Compte rendu du stage du 10 novembre 2016 à destination des contractuels, animé par Jacqueline Barbazan:

 

Les stagiaires, tous contractuels étaient convoqués à cette journée de formation qui s’est tenue le jeudi 10 novembre au lycée Ozenne à Toulouse. Initialement destiné exclusivement aux nouveaux contractuels, peu nombreux cette année sur l’académie, ce stage a  finalement permis de regrouper l’ensemble des collègues en fonction à cette date. Ce module du dispositif portant sur les pratiques pédagogiques avait pour objectifs de favoriser l’entrée dans le métier et la réussite des élèves, d’accompagner les nouveaux enseignants dans la prise en charge de la classe et la compréhension de leurs différentes missions au sein du lycée.

Chacun a reçu un dossier contenant les différents textes officiels en matière de programme et d’évaluation des différentes séries, les recommandations de l’IGEN. S’y trouvaient également plusieurs fiches portant sur des consignes imposées, un planning annuel des travaux, des cours mais aussi le plan de deux cours, les missions du professeur principal, le suivi du projet d’orientation…

 

Le programme de la journée se proposait d’aborder principalement quatre points, la gestion de la classe, l’élaboration d’un cours, l’usage des textes dans le cours et l’évaluation en classe et au baccalauréat.

L’intérêt et la participation particulièrement soutenue de chacun ont favorisé des échanges très nourris quant aux  initiatives pédagogiques prises par les uns et les autres et aussi sur les difficultés rencontrées. La journée s’est ainsi déroulée dans une excellente ambiance de travail mais aussi d’écoute, de partage et de vraie convivialité.

 

1- L’approche du premier point sur la gestion de la classe a été l’occasion de rappeler la  nécessité d’adopter une posture radicalement nouvelle qui consiste notamment à faire preuve d’autorité (jamais naturelle ou définitivement acquise) mais aussi de bienveillance. Il est impératif de poser dès le premier jour ses propres exigences, de présenter les différentes consignes et de veiller absolument à  être cohérent vis-à-vis de celles-ci. Il est aussi judicieux d’établir un planning des cours de l’année et du travail à fournir. Quant à elles, les considérations sur la gestion de la classe et sur les difficultés communément rencontrées ont permis de comprendre la nécessité de privilégier la  communication avec l’élève lui-même et avec les différents acteurs (PP, CPE, équipes pédagogique et disciplinaire, délégués, parents…) et surtout, de ne jamais rester isolé. Un rappel a été fait sur la place de l’interclasse,  sur la question des exclusions du cours et des sanctions à administrer. Outre l’obligation de se conformer au Règlement intérieur de l’établissement, il apparaît clairement que les exclusions doivent être limitées et comme les sanctions, doivent être assorties d’un travail à réaliser qu’il faut de fait évaluer. Il a été également précisé qu’un manquement (par exemple, retard dans la restitution d’un travail, comportement inapproprié…) ne peut pas donner lieu à une diminution de la note obtenue à un travail mais doit être néanmoins sanctionné de manière appropriée.

 

2- L’examen du second point, l’élaboration d’un cours, à travers la lecture commentée de plusieurs points des textes officiels sur les programmes a permis de rappeler quelle était notre liberté philosophique. A cette occasion ont été éclairées les interrogations sur l'étude exhaustive de toutes les notions, préoccupation récurrente des stagiaires. Ont été ainsi envisagées les différentes manières possibles de traiter les notions. La réflexion commune à partir des conseils et des expériences relatées semble avoir contribué à dissiper de telles inquiétudes, à comprendre que le programme n’impose ni un ordre pré défini pour le traiter ni l’obligation de consacrer un temps identique à chaque notion. En revanche, il est indispensable de signaler (ou de faire retrouver aux élèves) les notions que l’on aborde quelle que soit la manière que l’on utilise pour les éclairer. Il n’y a donc aucune rigidité du programme. La compréhension des repères dont on ne saurait faire l’économie doit être dégagée à l’occasion de réflexions sur les notions.  La discussion a aussi porté sur la façon d’élaborer le cours selon les classes, point qui de fait a conduit à aborder la question des cours entièrement rédigés et photocopiés aux élèves. S’il ne s’agit pas de décrier cette pratique qui, dans certaines configurations peut être tout à fait appropriée, il est utile de se  rappeler que l'acte de penser gagne à être mis en œuvre devant les élèves, opportunité que procure par excellence, l’élaboration du cours même si celui-ci est toujours le résultat d'une préparation rigoureuse. Ont été présentés des exemples de cours élaborés en fonction d’une progression annuelle  et  des séries ainsi que le plan de plusieurs leçons.

 

3- La question de l’usage des textes a été l’occasion d’indiquer que tout est permis quant à leur usage et de signaler la possibilité existante d’user de textes qui ne figurent pas dans la liste du programme, voire de textes autres que philosophiques, l’essentiel étant de ne pas perdre de vue le fait que l’explication portera dans la cadre du baccalauréat, sur un texte extrait de cette liste officielle. Seules quelques précautions évidentes s’imposent : bien choisir les textes (longueur, architecture, difficulté) et prendre soin d’en guider la lecture par des question précises, d’indiquer la signification des termes. La confrontation avec les textes réclame une attention particulière auprès d’élèves qui pour nombre d’entre eux, lisent peu. Les interrogations à propos de l’étude de l’œuvre ont permis de comprendre l’utilité d’inventer des exercices capables de motiver  les élèves et de voir que ce travail doit pouvoir aussi  permettre d’aborder une partie du programme. Quelques exemples d’utilisation de textes ont été proposés pour démontrer en particulier qu’il n’y a pas fondamentalement de texte à réserver à une série plutôt qu’une autre et que c’est bien la nature de l’approche qui en est faite, qui est déterminante.

 

4- C’est ainsi que les réflexions précédentes ont conduit à aborder la question de l’évaluation. Le travail d’évaluation gagne à être progressif et à être dans un premier temps, guidé : on peut préparer les premiers devoirs en classe, donner un liste de ressources, travailler ensemble la problématique, les enjeux du texte… Ne pas oublier que seuls le nombre suffisant d’exercices et leur variété concourent  à valoriser les efforts des élèves et à les entraîner correctement. La discussion a aussi porté sur les difficultés soulevées par le travail de correction lorsque les effectifs d’élèves à charge sont très importants (de 150 à plus de 200 élèves). Il est évident que les mêmes exigences s’imposent et que dans pareille situation, il faut faire travailler tout autant les élèves. Dès lors, recourir à différents types d’exercices préparatoires cependant à ceux de l’examen, n’en relever à chaque fois qu’un certain nombre peut permettre de surmonter la lourdeur de la tâche. Les différents témoignages ont permis de comprendre la nécessité de la variété des exercices, indispensable pour faire travailler et progresser les élèves et aussi pour disposer d’un nombre raisonnable de notes par trimestre. En ce sens, il a été rappelé l’utilité qu’il y a notamment, à élaborer un planning, à inscrire régulièrement les notes sur le serveur, à renseigner le cahier de textes, à  restituer les copies dans des délais acceptables et à  toujours procéder à la correction des sujets. On ne peut que conseiller d’éviter de laisser sortir les élèves de la classe sans leur avoir donné un travail pour le cours suivant. A été abordée l’importance, la valeur incitative d’une appréciation qui se doit d’être la plus exhaustive possible. Des précisions ont pu également être données à propos de l’évaluation dans le cadre de l’examen terminal. L’obligation de distinguer les deux temps de l’évaluation, celui de l’évaluation dans l’année et celui de l’évaluation pour le baccalauréat, distinction  dont il a été aussi rapidement discuté, est acquise au moins, dans le principe, par chacun. Il s’agit dans ce cadre, avant tout d’avoir bien présent à l’esprit le fait que la formation des élèves que nous corrigeons dépend pour une part, de la liberté pédagogique et aussi philosophique de chacun de nous.

 

Ce stage a été aussi l’occasion de révéler l’investissement conséquent de nos collègues contractuels qui, dans des conditions parfois difficiles, exercent sans aucun doute, leur métier avec passion et dévouement.

 

Jacqueline BARBAZAN

Professeur référent des contractuels de Philosophie

Responsable et intervenante du stage

Étiquettes : paf