La gestion de l’hétérogénéité dans les classes de langues vivantes

Activités langagières dominantes : toutes

 

Déroulement/Procédure :

J’ai préparé cette formation en amont en faisant passer, via le chef d’établissement, un questionnaire à mes collègues afin que je connaisse leurs attentes liées à leur demande et que je puisse y répondre au mieux. Suite à leurs réponses qui mettaient en relief surtout leurs inquiétudes quant à la manière de faire de l’enseignant (exemple de retour : comment faire pour gérer divers profils d’élèves dans une classe à 30 ?), j’ai axé ma formation en prenant comme fil directeur la personnalisation des apprentissages comme outil pour gérer l’hétérogénéité. Afin que mes collègues connaissent mes axes de travail, je leur ai envoyé un message et leur ai posé quelques questions pour savoir s’ils pratiquaient cette pédagogie de la coopération et s’ils avaient entendu parler des pratiques collaboratives.

 

Les questions étaient les suivantes :

 

1. Connaissez-vous les pratiques collaboratives en classe de langues vivantes? Dans l'affirmative, pratiquez-vous la collaboration ? Si oui, comment ? Quelle stratégie didactique mettez-vous en place et quels outils utilisez-vous ?

 

2. Connaissez-vous la coopération et la personnalisation des apprentissages ? En avez-vous déjà entendu parler ? Pratiquez-vous cela dans vos classes ?

3. Adoptez-vous ou avez-vous essayé quelques stratégies didactiques afin de gérer autant que possible l'hétérogénéité ? Merci de bien vouloir préciser s'il vous plaît.

 

L’ensemble des enseignants ne connaissait pas -ou très peu- ces pratiques.

J’ai donc axé mon cheminement en commençant par les principes de la métacognition énoncés par André TRICOT. Celui-ci explique les aspects positifs de la métacognition en termes d’apprentissage et précise que pour que l’élève puisse comprendre comment apprendre, c’est-à-dire mettre du sens derrière ce mot, il faut lui donner les clés métacognitives et lui montrer les étapes mentales par lesquelles il faut passer pour l’aider dans son apprentissage. Ainsi, pour chaque tâche énoncée, il faut demander à l’élève sa manière de faire, sa manière de comprendre et les outils qu’il va utiliser pour répondre au mieux à cette tâche. De cette façon, si l’enseignant le fait de manière régulière, peu à peu, l’élève comprendra seul quoi faire pour apprendre correctement.

Par ailleurs, j’ai poursuivi mon cheminement en mentionnant Sylvain CONNAC et sa manière de  personnaliser les apprentissages, c’est-à-dire, comment créer au sein de la classe un climat coopératif où les deux objectifs principaux sont : la mise en place de tuteurs et d’un plan de travail personnalisé pour chaque élève.

J’ai expliqué comment ces deux principes scientifiques furent le point de départ de mes recherches concernant une nouvelle manière d’enseigner en adéquation avec mes aspirations, ma manière d’être et de faire et mon envie d’enseigner autrement.

Mais, comment passer de la théorie scientifique à la mise en œuvre concrète ? Et, comment changer ces pratiques pour tenter de trouver une voie vers la gestion de l’hétérogénéité ?

Sylvain CONNAC distingue deux types de pédagogies pouvant mettre un frein à l’hétérogénéité. Il parle de la pédagogie simultanée et de la pédagogie successive. Mais si ces pédagogies peuvent apparaître comme une force pour lutter contre l’hétérogénéité, elles s’avèrent aussi une faiblesse quant à la charge de travail de l’enseignant qui souhaiterait suivre l’une ou l’autre de ces pédagogies. En effet, la différenciation successive consiste à alterner outils et situations d’apprentissage dans une même séance et la différenciation simultanée consiste à mettre en place différentes activités en fonction des besoins des élèves et de leurs profils. Si ces deux pédagogies sont intéressantes et peuvent être mises en place de manière épisodique par l’enseignant, elles s’avèrent toutes deux vite chronophages.

Ainsi, CONNAC propose une alternative à ces deux pédagogies, il s’agit de la personnalisation des apprentissages.

De ce fait, si un enseignant souhaite aller vers une gestion plus uniforme de l’hétérogénéité, il faudrait tendre vers une nouvelle approche pédagogique qui demanderait quelques adaptations telles que le changement d’espace, le changement de posture et une pédagogie autre tout en gardant en lien les objectifs propres à chaque discipline.

Aussi, en gardant ce principe de personnalisation des apprentissages énoncé par CONNAC, j’ai expliqué mes pratiques pédagogiques à travers divers outils (cf. padlet) : une vidéo dans laquelle nous voyons ma disposition de salle et les outils mis à disposition sur les tables de chaque îlot, un plan de travail personnalisé/séquence que les élèves remplissent en fonction de leurs acquisitions au fur et à mesure de la séquence (des outils sont mis à leur disposition pour combler peu à peu des lacunes selon le profil de chacun et qu’ils utilisent de manière autonome), un permis de réussite nominatif que j’ai créé en fonction de mes attentes pédagogiques et de mes pratiques collaboratives, la responsabilisation des élèves à travers différents rôles qu’ils s’attribuent, le contrat de tuteur.

Après avoir insisté sur la nécessité qu’il y ait systématiquement, dans chaque séance, une tâche actionnelle à faire faire aux élèves avec des attentes précises sous la forme de consignes claires et faisant travailler une ou plusieurs activités langagières, j’ai étayé ces précisions et ce principe de coopération à travers différents supports que j’avais apportés. Ces supports de 5e, 4e et de 3e mettaient en place des activités collaboratives variées que j’ai pris soin d’expliquer.

J’ai distribué à mes collègues des documents mettant en  relief une réflexion sur la manière de faire des groupes (comment faire des groupes ?), et sur la façon de mettre en place des tâches coopératives (cf. padlet).

À la suite de ces explications, deux ateliers ont été proposés.

Le premier atelier consistait à monter une séance collaborative à partir d’un support en visant une activité langagière. L’objectif était de mettre en place une activité afin que chaque élève puisse s’investir dans un travail de groupe en précisant l’activité langagière visée et la tâche à faire.

Le deuxième atelier consistait à mettre en place un plan de travail en fonction de sa séquence de classe en pensant à l’évaluation diagnostique, l’évaluation formative et à l’évaluation sommative.

 

Objectifs principaux :

-Comprendre les principes de la métacognition et savoir mettre en place un outil métacognitif.

-Comprendre et aborder les différentes pédagogies de différenciation.

-Apprendre à mettre en place la personnalisation des apprentissages.

 

Évaluation :

 

Les enseignants ont aimé le fait de retrouver tous les outils proposés sur un padlet.

Ils ont apprécié le partage d’outils pédagogiques et la richesse des échanges.

Je les remercie vivement de leur implication et de leur accueil.

 

Padlet de la formation : https://padlet.com/sgaillardin/jsq5m9ml4a67