#EEE2017 : Quelles innovations pour le développement ?

Vendredi 29 septembre 2017 - 10:45

Les #EEE2017 éclairent la connaissance académique en construction par la réalité de l’entreprise. Cette université d'été du monde de l'enseignement et de l'entreprise, est organisée, préparée et animée par une équipe de professeurs de SES, d'Histoire-géographie et d'économie-gestion.

Le mardi 29 août et le mercredi 30 août 2017 Nelly Parlongue (lycée Pierre d’Aragon à Muret) et Marie-Claude Crouzet (lycée Ozenne à Toulouse) ont assisté aux #EEE2017 organisés à l’école polytechnique. Elles nous font partager leur université d’été dont Fanny Hervé (lycée Raymond Naves à Toulouse) a rendu compte en direct sur #EEE2017.

Les EEE s'articulent autour de conférences, tables-rondes et ateliers proposés par  cadres dirigeants de grandes entreprises, des représentants institutionnels, des économistes et des chercheurs de différentes autres spécialités. Chaque moment est suivi d’un échange de questions ou de réflexions entre l’auditoire et les intervenants.

Vous pouvez visionner l’ensemble des interventions sur le site http://www.melchior.fr/intervenants.

Nelly Parlongue a retenu quelques moments forts.

  • L’intervention de Jean Marc Daniel  « Sur le vif » en commentaire de la conférence « Sortir de la routine » avec une réflexion humoristique sur cette phrase : «  il faut préférer les convulsions de l’inquiétude à la léthargie de l’ennui ».
  • Au cours de l’atelier « La révolution numérique : comment s’emparer des opportunités sans négliger les menaces », Alexis Collomb, responsable du département Economie Finance Assurance Banque au CNAM, a fait un rapide historique des applications d’internet pour finir par évoquer les applications décentralisées telle que le bitcoin et les questions que cela soulève : Quels sont les risques liés à cette désintermédiation  du système bancaire ? Quelle gouvernance ?
  • Le fil conducteur de ces entretiens était le rôle des outils numériques dans les entreprises et le développement économique. NP note deux réflexions émises à plusieurs reprises par aussi bien des universitaires que des chefs d’entreprise. Tout d’abord les outils numériques sont une technologie et, comme toute technologie, c’est leur utilisation qui peut être un bien (l’exemple donné par Cédric Villani des apports de l’intelligence artificielle en médecine) ou un mal (les abus de «l’ubérisation»). Ensuite, en tant que citoyen et consommateur, ce sont nos choix qui influencent l’évolution en bien ou en mal de l’utilisation des outils numériques. Quel choix de moteur de recherche faisons-nous ? Google ou Qwant. A-t-on vraiment besoin d’avoir un taxi à sa porte 2 minutes après son appel téléphonique ?

Marie-Claude Crouzet résume quelques interventions qui l’ont particulièrement intéressée.

  • Cédric Villani, député de la 5ème circonscription de l’Essonne et mathématicien a animé une conférence sur « Mettre la connaissance au service du bien-être » et « Dans l’innovation médicale, la collaboration est-elle centrale ? » . Il a souligné les opportunités d'une collaboration efficace et soutenue entre les équipes de mathématiciens et de médecins pour améliorer les diagnostics et les traitements et favoriser l'émergence de nouvelles directions d'innovation.
    Il a mis en avant les apports de l’intelligence artificielle en médecine notamment dans la création de nouveaux médicaments ou traitements.
    Les start-up françaises sont d'ailleurs, très présentes et dynamiques, notamment Rythm qui a inventé un bandeau qui vise à améliorer la qualité des nuits (endormissement plus rapide, sommeil plus réparateur…) de ses utilisateurs grâce à des stimulations sensorielles. Rythm a réussi à lever 20 millions d'euros et emploie 70 salariés.
  • Patrick Artus, économiste a quant à lui souligné à travers ses multiples interventions, le faible degré de robotisation en France en 2017 : 1,2 robot pour 100 salariés, contre 4 en Corée, 3 au Japon et 1,5 en Espagne alors que ces pays étaient au même niveau dans les années 90.
    Il a insisté sur la mise en place de passerelles entre les lycées, les universités, les centres de recherches et les entreprises pour étendre et adapter les compétences aux métiers d'aujourd'hui et de demain.
    Il a aussi mis en avant le management collaboratif pour être plus efficace. Il a enfin insisté sur la nécessité de porter un autre regard sur l'échec qui prépare au succès (le droit de se « planter » ). Pour gagner en agilité, il faut accepter d'échouer.
  • Philippe Aghion, professeur du Collège de France, économiste pro-Schumpétérien et spécialiste de la croissance et des innovations a animé une conférence qui portait sur le thème « L’innovation sous toutes ses coutures » et « Quels sont selon vous, les facteurs d’émergence de l’innovation ? ». Il s'est exprimé sur les réformes structurelles afin de faciliter les technologies de l'information, la corrélation entre PISA et croissance, et, santé et croissance.
    Pour Philippe Aghion, une économie ne peut innover que dans un environnement qui encourage, des universités qui produisent du savoir à proximité des entreprises, des incubateurs, des financements…
  • L'intervention de Cécile Dejoux, professeure de Management au CNAM dans l'atelier « innovation managériale ou manager à l'heure du numérique » est particulièrement intéressante et utile pour les cours de management (les organisations de demain, la compétence d'agilité, l'innovation collective…). Elle propose, par ailleurs, des MOOC en management.
    Pour elle, la transformation numérique implique repenser l'être (nouvelles compétences, nouvelles connaissances, nouvelles pensées), les lieux (grandes entreprises et start-up) et l'autre. Comment le manager va travailler avec le robot, avec l'intelligence artificielle ? Travailler avec des robots, c'est penser travail collaboratif, nouvelles générations…
    Elle a insisté sur « on doit changer son comportement, travailler vite en acceptant de se tromper ».
  • De même, l'intervention de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, sur les inégalités (mesurées par le coefficient de Gini) et sur la croissance peut enrichir les cours d'économie.

Outre l’intérêt des exposés et des débats, ces journées sont aussi l’occasion de rencontrer des collègues (environ 450 participants), d’échanger  et de partager.

 

Nelly Parlongue et Marie-Claude Crouzet

 

Pour connaître les activités de l’Institut des entreprises : www.institut-entreprise.fr/